Atelier bousculé

L’atelier d’écriture que je proposais depuis plusieurs semaines à Lure a malheureusement subi le même sort que toutes les activités périscolaires de France. 
Dès l’annonce du reconfinement, toutes ces activités ont été arrêtées.
Avec les enfants de mon petit groupe, nous avons donc dû faire l’impasse sur notre dernière rencontre et n’avons pas pu finaliser notre projet.
Une fin brutale qui laisse un petit goût d’inachevé…
Je vais donc  préparer seule des panneaux pour exposer le travail de Romy, Basile, Esteban,  Marwa et Elsa  lors de la journée citoyenne, au début de l’été, un peu triste de ne pas avoir pu mener à bien notre projet jusqu’au bout. 
Je pense que toutes les personnes en charge d’un atelier doivent ressentir la même chose…
Pas le temps pourtant de m’appesantir sur la situation puisqu’un deuxième atelier doit déjà commencer à la fin de ce mois, dans une autre structure périscolaire de la région… si les conditions sanitaires le permettent.  
Cette fois, je vais utiliser l’expérience de ces dernières semaines pour proposer une organisation et un panel d’activités différents, qui ne dépendront ni du nombre d’enfants présents ni d’un suivi dans le temps. 
Une activité différente par rencontre, aucune ne dépendant de la suivante ou de la précédente.
A la différence d’un soap-opéra, il ne faudra pas avoir assisté aux épisodes précédents pour comprendre celui du jour!

Ecriplume

Journal de bord d’un atelier d’écriture

QUATRIEME RENCONTRE

Mardi 16 mars 2021

Aujourd’hui, j’ai réservé une surprise aux enfants. Comme nous avons décidé de commencer à tourner notre film, j’ai invité… Sirius Holt, l’homme de leur scénario qui se cache dans l’Hôtel du Mouton Blanc. Avec sa barbe, sa taille impressionnante et son chapeau, mon mari se glisse parfaitement dans le personnage: les enfants sont ravis! 

Je leur ai également apporté des réserves de bonbons d’Halloween pour rendre crédible leur quête figurant au début de l’histoire. Là encore, ils sont ravis, mais pas pour les mêmes raisons…

Cette heure a passé en un éclair, avec des enfants enthousiastes, et un Sirius bien investi dans son rôle. J’ai filmé suffisamment pour comprendre que, la fois prochaine, je leur proposerai un texte définitif remanié dans lequel les scènes seront scindées. Le mot-clé d’un atelier d’écriture? L’adaptation!

Esteban, qui lui aussi est bien impliqué, a établi un plan des zones dans lesquels nous pourrons tourner nos différentes scènes. Et, après avoir expérimenté notre texte, m’a demandé s’il était possible d’en retirer trois phrases. Peu à peu, ils commencent à réaliser l’importance de l’écriture et du texte dans tout ce que nous mettons en place…

Ecriplume

Deuxième atelier d’écriture en vue…

L’atelier d’écriture que je donne en ce moment à Lure est loin d’être terminé puisqu’il s’étale sur une période de deux mois à peu près.
Un autre atelier se profile, prévu de fin avril à début juillet avec des enfants de 8 – 9 ans.
Il faudra que je prépare quelque chose de bien différent, des activités capables de captiver des participants un peu plus jeunes que ceux avec lesquels je vis mon aventure actuelle.
Je me rendrai cette fois dans autre commune où je devrai découvrir et apprendre à connaître d’autres enfants, d’autres adultes responsables du Centre, une autre organisation, d’autres lieux.
Ces immersions hebdomadaires dans l’univers périscolaire me permet de me reconnecter à un univers enfantin très riche et de travailler sur cette transmission qui m’est chère.
Mon but: donner le goût de l’écriture et faire comprendre aux enfants qu’il s’agit non pas d’une contrainte mais d’un outil merveilleux capable de donner vie à leurs rêves, à leur fantaisie, à leur besoin d’expression.

Ecriplume

Journal de bord des ateliers d’écriture

23 février 2021

Ce mardi soir avait lieu le premier atelier d’écriture  que je devais proposer aux enfants du centre périscolaire de Lure.
Personne ne me connaît pour le moment dans ce nouvel environnement, mon travail y est inconnu, et j’avais conscience que ce n’était qu’en créant le contact avec les enfants que j’arriverais peu à peu à les entraîner dans mon univers… s’ils voulaient bien m’y accompagner.Sans nouvelles depuis plusieurs semaines, j’ignorais s’il y avait des inscriptions et, si oui, quel âge avaient les enfants.
J’avais donc imaginé le pire… et c’était lui qui m’attendait!
Pour différentes raisons, l’organisatrice n’a pas pu présenter en détail le contenu de l’atelier aux enfants.
Ils n’avaient donc rien d’attractifs à se mettre sous la dent!

Lorsque je suis arrivée, quatre enfants de 8 à 11 ans étaient attablés et prenaient leur goûter. 
D’emblée, j’ai été avertie: ils n’étaient pas inscrits et n’avaient bien sûr aucune obligation de le faire.
A moi de leur expliquer ce que je leur proposais et de voir si cela pouvait les intéresser.
Rire nerveux, regards en coin: l’accueil était… frais.
Je les ai laissé goûter en paix, puis j’ai rapproché ma chaise de la table.
Ils avaient décidé de me donner leur point de vue, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire:
–  L’écriture on n’aime pas ça, ça ne nous intéresse pas. On n’a pas envie d’écrire.
Cela avait le mérite d’être clair et m’a fait sourire sous mon masque…
– Ca tombe bien, ce n’est pas ce que je veux faire avec vous.
Ma déclaration les a surpris et ils ont voulu en savoir plus. Je leur ai demandé s’ils avaient de l’imagination, s’ils aimaient les défis, les nouvelles aventures, la créativité…
Ils ont répondu oui à chaque question, commençant à être intéressés.
– Dans ce cas, vous pouvez aimer ce que je vous propose: écrire le scénario d’un film court, imaginer les dialogues et l’histoire, en faire le story-board… et tourner le film que je diffuserais ensuite sur mon site internet si vos parents sont d’accord. 

En un instant, l’ambiance a radicalement changé. 
Ils m’ont bombardée de questions…
J’ai commencé à les interroger sur leurs goûts en matière de films, puis sur leur personnalité, et je leur ai proposé de partir sur l’histoire d’une bande de quatre copains auxquels il va arriver une aventure tout à fait étonnante…
L’heure qui a suivi a été d’une richesse incroyable…
Nous avons travaillé sur le début de l’histoire, sur le lieu où elle allait se dérouler.
Je les guidais et ils fonçaient…
A la fin de notre rencontre, je leur ai demandé s’ils avaient envie que je revienne et s’ils souhaitaient continuer l’atelier.
Ils étaient enthousiastes… 
Chacun a reçu un petit cahier qu’ils ont commencé à décorer en imaginant le décor d’Halloween qui marquera le début de l’histoire.
Je leur ai expliqué le principe du Carnet des Délires, qui me suit dans l’écriture de chacun de mes ouvrages, et ils se sont approprié le leur à toute vitesse.
Ils ont décidé de se voir à la récré le lendemain matin pour discuter de notre projet et, qui sait, pour commencer à rédiger leurs premiers dialogues.
Je verrai mardi prochain s’ils tiennent parole et si l’envie est toujours là.
De mon côté, je leur réserve quelques surprises!

Ecriplume